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Friedrich
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Mer Mai 16 2018, 15:21
Début novembre de 1662

La Hourque et le Regalo del Felipe battant pavillon hollandais dans la rade de Lisbonne ne tardèrent pas à attirer la curiosité, et Mobariken de demander séance tenante, audience à la Casa de India. Mais à la curiosité se mêla quelque méfiance quand la batavitude du vérolé autant que la  spingouitude de nombre de ses hommes furent mises à jour.

Méfiant autant que zèlé, le Recebedor dos Armazems ordonna l’inspection des deux navires sans manquer d’y pointer tant l’identité de chaque homme du bord, que son statut, et la nature du moindre tonneau garnissant les cales.

Ces présentations de fine routine étant faîtes, le temps commença de s’écouler lentement pour Mobariken et ses hommes. Temps qui fut mis à profit pour se mettre en quête d’un Navegador du cru, plutôt qu’à passer outre la vigilance des autorités (déjà sourcilleuses à l’endroit du Vérolé) pour écouler la marchandise en contrebande quitte à graisser quelques vénales mimines.  

Novembre passa donc ainsi, en quelque manière de quarantaine, quand enfin un portugais plus ouvert d’esprit se présenta, ayant parcouru les sept mers prétendit-il, quoiqu’à peine pubère. Supputant la supercherie Mobariken proposa au jeune homme plutôt que le faire plonger dans le port à grand coup de bottes dans cul, de lui servir de guide pour trouver un navigateur plus à son goût, soit ayant pilosité plus affirmée comme sied à tout homme mûre dans cette contrée.

Lequel fut déniché le 13 décembre de 1662 dans une taverne du bairro de Misericordia en la personne d’Andrade Dos Santos, Navegador de métier et d’expérience, bien heureux de naviguer à nouveau ailleurs que dans son verre d’aguardente…

Une semaine passa encore avant que le 20 décembre de 1662, audience fut accordée à Mobariken par la Casa da India. Traversant le Terreiro do Paço déjà bien encombré aux premières heures du jour le plus solennellement qu’il put, sans manquer de se faire accompagner de Miguel de Melo, infortuné capitaine de la Hourque des Honduras, le vérolé fit son entrée dans Palacio de Ribeira….



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Hadrien
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Mer Mai 16 2018, 15:49
Mettons nous dans l'ambiance...

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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Ven Mai 18 2018, 15:38
Palacio de Ribeira, Lisbonne, 20 décembre 1662

Si l’accueil des portugais lui est paru un peu frisquet, l’aréopage de haut vol qui s’étend sous le regard de Mobariken, lui assure que la Casa da India ne prend pas sa personne à la légère. Sont présents dans la salle :

- Garcia de Noronha, tréseiro, chargé des achats
- Nuno da Cunha, feitor, chargé des correspondances avec les feitoras de l'empire
- João Fernandes de Andeiro, Recebedor dos Armazéms, chargé des douanes
- Rodrigo de Sousa Coutinho, Piloto-mor de l'Armazém da Guiné e Indias, chargé des cartes et de la navigation
- Les cinq secrétaire chargés de la Guinée, des Indes et du Brésil
- Un ecclésiastique qui fera la moue pendant toute l’audience sans piper mot.

Il ressort de cette réunion durant laquelle le capitaine Mobariken fut entendu, et le capitaine Miguel de Melo soumis à interrogatoire aussi poussé que pointilleux, que l’indentité des deux navires pris sur l’espagnol, et le lieu ou ils furent pris sont attestés; de même que la férocité du Capitaine Mobariken envers le Roy Felipe, gage de fiabilité non négligeable sinon indispensable à faire valoir de la part d’un hollandais en terre portugaise, doublé d’un huguenot en terre très catholique.

Plaçant son intérêt et celui du Royaume révolté en premier rang de ses priorités, la Casa da India et l’Armazem, n’étant pas au mieux dans la guerre qui l’oppose à l’Espagne (au point de s’en remettre à la flotte de commerce Anglaise!) ne masquent pas leur intérêt pour l’offre de Mobariken quant à sa personne autant qu’à ses navires. Voici ce qui fut noté par le greffier en conclusion du conseil du 20 décembre 1662.


1- L’Armazem se porte acquéreur de la Hourque, navire de charge ô combien utile, pour la somme de 45 000 pesos, ce que Mobariken consent.

2- Le capitaine de Melo et ses hommes sont remis aux autorités portugaises, en tant que prisonniers de guerre, ce que Mobariken consent.

3- La Casa da India au nom du Roy Jean accorde, commission au capitaine Pedro Mobaricão commandant le  « o presente de Filipe », zabra de 100 tonneaux pour une durée de 24 mois.

4- Garcia de Noronha, Tréseiro, offre 64 190 pesos pour la totalité des marchandises de traite recensées à bords des deux navires, ce qui bien qu’étant offre honnête, demeure en deçà des mirobolants espoirs du vérolé qui refuse l’offre, préférant mettre ses marchandises sur le marché.

5- Nuno da Cunha, Feiro, fait valoir le message de la feitora de São Luis de Maranhão datant de fin septembre et qui signale la présence d’une escadre espagnole descendant les côtes brésilienne; chose inhabituelle s’il en est de voir les espingouins si loin de leur bases.

6- Rodrigo de Sousa Coutinho, Piloto-mor, attire l’attention sur la possibilité que l’escadre espagnole puisse remonter vers la Guinée.


7- De ce signalement découle trois amendements apportés à la commission de Mobaricão.

• L’appareillage d’o presente de Filipe est soumis à l’autorisation de la Casa da India qui se réserve le droit de le reporter, contre allongement de l’échéance de la commission.

• Mobaricão s’engage a accepter toute mission qui lui sera imposée par la Casa da India, pendant la durée de la commission, et contre rémunération de 6000 pesos par décade.

• Mobaricão est autorisé à liquider ses prises en toute base portugaise établie sur la mar do norte, la commission pouvant être rendue à Lisbonne, Olinda ou Punta Delgada

***

Fort de sa commission de deux ans, et peu enclin à se jeter dans les tempêtes hivernales de la mar do norte, à moins d’y être contraint par la Casa da India, Mobariken entreprend les mois suivants de vendre au meilleur prix ses marchandises de traite :

A la mi-décembre sont vendus 15 tonneaux de perles pour 14 850 piastres, 30 tonneaux de tabac pour 21 000 pesos, et 8 tonneaux de sucre pour 6 000 écus

Sont vendus au début de janvier : 4 tonneaux de cacao pour 4500 pièces de huit

Enfin, à la fin de janvier o gonorreio vend son tonneau d'indigo  pour  810 piastres et réalise sa plus belle affaire en vendant ses 38 tonneaux de cuir pour 38 000 écus… augmentant ainsi, outre ses lourdes dettes, sa fortune personnelle de 85 160 pesos supplémentaires, avant de s’acquitter des 1748 piastres de solde due aux hommes de son équipage ayant traversé la mer océane.

***

Pendant ce temps et durant plus d’un mois la Hourque fut amarrée au plus près du Terreiro do Paço et ouverte à la curiosité des badauds, non sans que soit installées sur le pont principal deux cages en fer, dans l’une se tenant Miguel de Melo, et dans l’autres les 8 survivants de son équipage, en provenance directe du Golfe du Honduras, tous étant exposés au crachats des sujet du Roy Jean.

Enfin à la mi janvier, le « cirque » fut démonté, et la hourque transférée à l'Armazém da Guiné e Indias pour y être réarmée en guerre…
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Dim Sep 23 2018, 16:05
Aux premiers jours de mars 1663, porté par un vent Frais, O Presente de Filipe, passe en revue les côtes lisutaniennes jusqu’au Cap St. Vincent. Là, deux navires portugais de fort tonnage sont croisés qui font route vers Lisbonne. A la mi mars, peu de temps avant de devoir à son tour retourner à la Lisbonne, et le vent étant passé au calme, Mobaricao croit avoir l’occasion de quand trois naviresse présentent sur l’horizon. Mais les pavillons se révélant françois, El Gonorreio se doit de s’abstenir à consommer, et de virer de bord vers son rendez-vous fixé par de la Casa da India.
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Lun Sep 24 2018, 19:19
Une sympathique petite promenade en somme.
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Jeu Oct 11 2018, 14:31
A l’heure de mouiller dans la rade, Mobaricao est frappé par l’effervescence qui règne dans le port. Entre autre curiosité le hollandais ne peut manquer de voir le pavillon de la Casa des India flotter au grand mat de la « Urca de Lisboa » autour de laquelle s’affaire nombre de gens d’armes et de bras. D’évidence, la Casa de India s’est décidée à réarmer la Hourque…

Ayant mis pied à terre, O Gonorreio, bien décidé à passer la frustration de sa stérile patrouille en distribuant quelque candidas à la gente féminine lisboète, est intercepté à deux pas d’un bouge de l’alfama par deux gardes bien essoufflés mais néanmoins emplumés tenant hallebarde, lesquels l’invite toutes affaires cessantes à les accompagner au Palacio de Ribeira

Trois heures plus tard, après une interminable attente dans une austère antichambre aux arrières gouts de geôle, Mobaricao est enfin reçu par Nuno da Cunha et Rodrigo de Sousa Coutinho, respectivement Feiro et Piloto-mor de l'Armazem...
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 13 2018, 12:34
Pendant la croisière du O presente de Filipe une double chaloupe, bien heureuse de ne pas avoir sombré dans les tempêtes hivernales est arrivée des Açores annonçant une terrible nouvelle, laquelle est venu confirmer les craintes du Feiro. A la Noël passée une escadre espagnole s’en est pris à Ribeira Grande, mettant à bas le fort Sao Felipe et pillant les moindres richesses de l’île de Santiago. S’agît-il de l’escadre dernièrement signalée au Brésil ? Le Feiro ne peut l’assurer si ce n’est qu’elle compte au moins quatre unités dont une frégate de guerre, un marchand armé et deux petits navires.

Voici donc l’ordre de mission de Mobaricao :

Aux premiers jours d’avril, escorter la Urca de Lisboa, commandée par le capitaine Ronaldo Luis Nazario de Lima, jusqu’à Ribeira Grande, laquelle est préalablement réarmée et chargée du nécessaire à relever et à réarmer le fort Sao Felipe et à redresser la capitale du Cabo Verde, indispensable relais vers les Amériques.

Outre « O presente de Filipe », l’escorte de la « Urca de Lisboa » comptera la patache « Bartolomeu Dias », et la double chaloupe « Vasco de Gama », tous deux navires de la Casa da India armés en guerre.

L’Amiral de l’escadre sera le capitaine Nazario, et la Vice-Amiral chargé de l’escorte, le capitaine Mobaricao.
L’escadre devra prendre la route des caps et faire escale à Funchal pour y prendre des informations.

La rémunération de Mobaricao telle que fixée par le Treseiro, soit 6000 pesos par décade à compter du 1er avril de 1663. Toutes prises faîte pendant ce voyage sera soumise à commission et partagée à part égale entre les quatre capitaines.
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 13 2018, 12:36
Bardées de canons en sus, chargé de soldats et ses cales remontrant de vivres, de matériaux de construction et d’autres canons encore, la Urca de Lisboa appareille avec son aréopage à l’aube du 1er avril de 1663, et ce, malgré l’heure fort matinale, sous les yeux d’une foule nombreuse béate de fierté toute lusitanienne.

Une fois les côtes hors de vue, et contre toute attente, la Urca met en panne, obligeant son escorte à faire de même. Le lourd bâtiment ayant mis un chaloupe à l’eau, elle vient aborder O Régalo de Filipe, invitant (sinon convoquant) Mobariken à bord du navire amiral.

***

Les heures qui suivent sont passée sur la galerie de la Hourque à vider quelques bouteilles du meilleur vin de Madrère. Lors de cette longue conversation copieusement Nazario tombe le masque. Amiral de l’escadre, il l’est assurément, et c’est bien la moindre des choses pour un homme qui comme lui aura passé sa vie depuis le plus jeu âge à bord des navires de la Casa da India : les rives du Brésil, celles du Kongo, Bombay, Macau, et même le Japon dans ses plus jeunes années. Nazario, l’âge aidant qui lui laisse paraître quelques poils blancs dans une barbe bien fournie, semble vouloir en remontrer à Mobariken ; non sans ne pouvoir point masquer une certaine amertume envers les bataves ayant construit leur empire sur une œuvre construite par le sang et le génie des marins lusitaniens. Mais selon lui l’ennemi véritable est espagnol, car si les bataves ont mis la main sur le trésor portugais, c’est bien à cause des espingouins - Comen frango e arrotar perú ! - et de leur fichu Union Ubérique !...de toute façon, prétend-t-il, le tour des bataves viendra bientôt, car le jour viendra où ils se feront botter le cul par la perfide Albion. Profiteurs furent les espingouins, opportunistes furent les bataves, mais la fourberie des anglois nous emportera tous, Coloco a mão no fogo !..affirma-il en se signant de ladite main.

Désormais convaincu du caractère peu timide de Mobaricao en matière de poudre et de lames, Nazairo en vint au fait :

"Pour le moment profitons de ce que nous avons sous la main - grâce soit rendue à Mobaricao pensa-t-il sans vouloir le dire – pour ne point nous contenter de jouer les marchands ! Trop de caracas, trop de naus, trop de caravellas pendant ma chienne de vie! L’heure est enfin venue d’un commandement à ma mesure, et de faire montre de ce dont j’en peu faire !  Comemos com uma fome de Leão !"

Sur quoi Nazario indiqua à Mobariken qu’il ne doublera pas le cap St. Vincent sans y avoir mis les hommes et les navires à l’épreuve du premier qu’il y croiserait, espagnol ou barbaresques !

Redresser Ribeira Grande certes, c’était bien là la mission, mais à quoi bon sans avoir mis le grappin sur cette maudite escadre espingouine ? Et comment mieux s’y prendre qu’en la surprenant au cap   St. Vincent, ou à défaut s’y renforcer par la prise de que navires de bon tonnage, pour le bénéfice des armes ou celui de la fortune, selon ce qui se présentera…

***

Croisant au cap St. Vincent quelques jours plus tard ce qui devait arriver ne tarda pas d’advenir…


Tel le chasseur se retrouvant chassé, trois corsaires barbaresques armant Chébec, Polacre et Double chaloupe, et jugeant l’adversaire par trop pourvu en voiles en hommes et en canons, tentèrent de prendre la poudre d’escampette.

Mais leur heure avait sonné car par la bonne brise persistante, chacun d’eux ne pouvant gagner sur au moins un adversaire à se mesure, les salétins durent se résoudre à combattre à trois contre quatre…

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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Dim Oct 14 2018, 09:15
Escadre Lisboète au Cap St. Vincent, I/04/63


"Urca de Lisboa", Hourque armée en guerre:  40 hommes - Ronaldo Luis Nazario de Lima
95/30 tonneaux de vivres + 30 tonneaux de canon + 25 tonneaux de bois de construction + 15 tonneaux de produits manufacturé

Q3– Grand, Mixte, Giromon
C4- Chasse & Fuite, Canon renforcé, Canonniers expérimentés, Coque renforcée
Equipage : endurci, soldats de Marine, gaillards imposants
Capitaine : 5
Pilote : 4

"O Presente de Filipe", Zabra: 30 hommes - Pedro Mobaricao
30/30 tonneaux de vivres

Q4 – Moyen, Carré
C3 - Canonniers expérimentés, maitre canonnier confirmé
Equipage : endurci, fiers à bras
Capitaine : 6
Pilote : 5

"Bartolomeu Dias", Patache: 20 hommes - Arlindo Almeida
20/20 tonneaux de vivres

Q5 – Petit, Mixte, faible calaison
C2 - Canonniers expérimentés
Equipage :  renforcé, endurci, soldats de Marine
Capitaine : 4
Pilote : 4

"Vasco de Gama", Double chaloupe armée en course: 15 hommes - Amedeu Fonte
40/40 tonneaux de vivres
Q4 – Petit Latin, avirons, faible calaison
C1 – Canon renforcé
Equipage : Soldats de Marine
Capitaine :3
Pilote :3
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Dim Oct 14 2018, 11:41
Un chébec ! Chanceux va !
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 27 2018, 10:40
O desespero, O melancolia, O destino cruel…

Alors que Mobariken regarde autour de lui, tout encore secoué des évènements qui viennent de se dérouler au cap St Vincent, son équipage lisboète entonne une chanson de chez lui…



Admirable équipage portugais, qui supporte encore une fois tout le poids d’un cruel destin…

Qui se souviendra des héros anonymes, qui reposent au cap St Vincent ?

Tout avait pourtant si bien commencé pour l’escadre portugaise qui surprit trois navires barbaresques, à savoir une double chaloupe, une polacre et un agile chébec.

Déployés en ligne, avec à leur arrière la couverture de la massive Hourque, le brigantin, la corvette et la double chaloupe tous pleins de marins portugais et menés par Mobariken se ruèrent sur leurs assaillants.

La polacre barbaresque fut la première à être accrochée, Mobariken lui-même fut le premier sur le pont, vite rejoint par les soldats qui armaient la double chaloupe. Le combat fût âpre et la polacre fût bientôt saisie. A ce moment, le capitaine barbaresque sur le Chébec amorça une manœuvre d’esquive pour quitter le théâtre des opérations.

Le sang de Mobariken ne fit qu’un tour et il se lança à la poursuite de ce superbe navire qu’il convoitait. A la faveur d’une bordée particulièrement bien sentie, Mobariken démarra un incendie sur le Chebec. Tout occupé à l’éteindre les barbaresques perdirent un temps précieux que Mobariken mit à profit pour amener sa corvette tout à côté de sa proie. Mais celle-ci était d’une agilité rare.... Par trois fois Mobariken se trouva tout proche de l’abordage, par trois fois elle se défile.

Et soudain, virant très sec, le barbaresque assoiffé de sang se plaça en enfilade par rapport à la corvette de Mobariken et d’une seule volée de ses canons envoya son poursuivant par le fond !
Mobariken mit canot à l’eau… Il fallait maintenant souquer ferme ! Car le Chebec, qui il y’a quelques instants déjà tentait de fuir, amorça un demi-tour pour venir s’en prendre aux naufragés… Qui sait quel sort serait réservé par les barbaresques à l’équipage de Mobariken ?

Quand soudain, apparût le Brigantin de l’escadre Portugaise. Ce dernier avait amorcé un large crochet pour prêter main forte dans la prise du Chebec et arrivait tout juste sur le théâtre d’opération. Il fila droit sur le Chebec, et parvient à aborder celui-ci.

Mais les barbaresques, gonflés de leur sauvagerie africaine, défirent l’équipage sans ciller et le Brigantin se trouva contraint d’amener les couleurs. Néanmoins, ceci permit de faire gagner à Mobariken un temps précieux, car lui et ses hommes ramaient de toutes leurs forces vers la Polcare qu’ils avaient précédemment abordée.

Quelle ne fut par leur surprise quand ils constatèrent qu’ils n’étaient pas seuls à se ruer vers ce bateau ! En effet, pendant que se déroulaient ces évènements, les choses avaient pris un tour plutôt sanglant du côté des doubles chaloupes… Celle armée par les barbaresques avait réussi à aborder la double chaloupe portugaise. Les marins lusitaniens furent débordés par la horde sauvage et durent amener les couleurs.

La Hourque, navire bien trop lourd pour ce combat de petites embarcations agiles, fit alors tonner ses formidables canons et détruisit la double chaloupe barbaresque. Qu’à cela ne tienne ! Les pirates de Salé passèrent dans la double chaloupe portugaise qu’ils venaient de prendre.

Qu’à cela ne tienne ! L’amiral Portugais n’hésita pas un instant à faire ouvrir le feu par la Hourque sur le navire qui, il y a quelques instants faisait encore parti de sa flotte. Telle est la détermination de ces rudes marins lusitaniens… Et encore une fois la Hourque fut fidèle à sa terrible réputation et vaporisa la fragile double chaloupe. Pour la deuxième fois les barbaresques faisaient naufrage…

Ils tentèrent eux aussi de gagner la polacre qui restait immobile au milieu des hostilités, mais ne purent qu’être récupérés par Mobariken et ses hommes qui étaient parvenus à l’atteindre en premier.

L’amiral barbaresque fût contraint de constater qu’il ne pourrait plus lutter seul. Telle la hyène surprise par les nobles lions il fut contraint d’abandonner sa proie (le Brigantin qu’il avait capturé) et prit la poudre d’escampette…



Trois navires coulés… Mobariken échange sa corvette prise il y’a peu aux espagnols pour une polacre barbaresque… Et l’escadre peu se remettre en route vers le cap-vert, avec une double chaloupe de moins.

Désormais trempé dans le feu de cette bataille, les marins portugais sont assoiffés de vengeance… Malheur à qui croisera leur route, espagnol, barbaresque ou autre !

Baigné dans cet état d’esprit, Mobariken rebaptisa sa Polacre « O Vingança » !
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 27 2018, 15:23
Raïs Dali pestait encore sur le pont du Chibab : riens moins que 3 navires portugalois avaient été envoyés par le fond ou avaient baissé pavillon, sans qu’il soit possible pour lui de récolter les fruits de ce terrible combat inégal…la faute à cette maudite Cocôfogo d’ "Urca de Lisboa"...

Raïs Dali enrageait d’autant plus que lui, né Siemen Danziger à Dordrecht, avait pu entendre les insultes proférées dans sa langue maternelle par cet enragé de capitaine Portugalois, lequel, ayant pris la foudre des canons du « Chihab » s’était brutalement tu, ne devant de ne pas lui-même couler à pic que grâce à son maître, dit « La Bestia », qui bien que recevant quelque espar sur la caboche, parvint in extremis à porter son capitaine inanimé dans une chaloupe...


***

Du côté Portugalois, L’Amiral Nazario repris rapidement les choses en main quoique ne pouvant que constater les dégâts:

Graças a deus!, le « Bartalomeus Dias » qui avait permis à Mobaricao d’échapper au marché aux esclaves de Salé (il n’osait imaginer puisse devenir renégat mahométan !) en lui permettant de prendre pied sur la polacre à la tête des 16 rescapés de son équipage, ne déplorait que des pertes mineures, et pas un seul homme ne manquait à l’appel. Celui du Vasco de Gama, dont les survivants avait pu s’extirper, Graças a deus!, de la cale de leur propre navire était quant à lui néanmoins décimé, ne comptant que 7 hommes tous valides…

Si Nazario pensait aisément pouvoir remplacer le « Vasco de Gama » en faisant escale à Funchal et pouvoir y avitailler au plus vite après la perte de 90 tonneaux de vivres, il n’en était pas de même pour les hommes perdus…

Ordre fut donc donné à Mobaricao de faire renier le prophète à 26 des 42 barbaresques que les portugalois tenaient maintenant captifs, parmi lesquels 8 officiers compétents, 26 hommes valides, 8 éclopés, et 2 infirmes. Le Batave ne se fit pas prier, et crucifix en main tenta d’exorciser les prisonniers, gène à l’appui...

Khizyr Khayr ad-Din, le capitaine de la polacre, son maître, son quartier maître et 4 autres hommes préférèrent livrer leur âme à Dieu-sait-qui plutôt qu’à céder à la pression sanguinaire du vérolé.

Suivant les indications fermes de l’Amiral qui savait qu’en ces eaux la ressource en homme aguerris étaient des plus rares, 18 convertis allèrent rejoindre la compagnie de Mobaricao, et 8 autres celle de Fonte, qui jusqu’à Funchal sera transporté sur la « Urca de Lisboa » et le « Bartolomeu Dias ».

Quant aux 8 salétins restants, tous infirmes ou blessés, ils furent mis en chaloupe et rendus désarmés au commandement du capitaine Amidou Ben Ali, charge à lui de trouver son chemin jusqu’à la côte qui lui plaira d’atteindre. Ainsi le vieux Nazario voulut-il ainsi montrer quelque respect pour la vaillance du capitaine Salétin, lequel pourra ainsi témoigner, copieusement flanqué d'infirmes et d'éclopés, que par deux fois placé sous le feu de la Urca de Lisboa, par deux fois il sombra…Cocôfogo !

***

Après que le vérolé ait fait procédé à quelque réparations de fortune sur la Vigança, ne restait plus qu’à l’escadre portugaise de gagner Funchal avec un navire endommagé et moins de 10 jours de vivres en cale…

NB: cabine à jour. Le dernier françois, un dés rares à accompagner Mobariken depuis ses débuts, mérite d'être nommé...
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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 27 2018, 17:21
Lors de la traversée du Golfo de las Juegas, comme l'appelle les espagnol, les portugais font montre de leur savoir faire en matière de navigation, venant mouiller à Funchal vers le 10 du mois d'avril, sans devoir mettre à mal leur maigre stock de munitions de bouches.

Le restant du mois est alors occupé à remettre en l'escadre en état de marche. O Vingança est remise en état, et le sel revendu au profit d'un pêcheur local, bien heureux de céder sa double chaloupe pour la modique somme de 2250 écus, de sorte que la compagnie du capitaine Fonte se vit trouver nouvelle monture, bien qu'armée en flûte.

Le solde du modeste butin permit d'acquérir 12 tonneaux de vivres, ce qui laissait à penser que si Nazario eut voulu avitailler pour deux décade de marche, il lui faudrait passer encore un bon mois sur place..chose peu appropriée quant à la mission qui lui était confiée.

Et ce d'autant plus qu'avant la fin du mois, deux français armant sloop et frégate de fret en provenance des côtes de Guinée, viennent à faire escale dans le havre portugais. Lesquels français ne font pas mystère qu'ils ont vu là bas aux premiers jours du mois en vue de la "bonne rade": une forte escadre espagnole faisant voile vers le sud, et armant rien moins que sept navires qu'ils décrivirent comme 2 frégates dont une de guerre, 2 flibots, 1 senaut, 1 patache et 1 double chaloupe....


***

Quelque peu surpris par la puissance de l'escadre décrite, Nazario se voit rapidement confronté à un dilemme:

Les espagnols sont-ils en train de se livrer à un pillage systématique des possessions portugaises, comme semble le signaler le cap attribué aux espagnols ? Auquel cas le sort de Cacheu semblerait déjà scellé, et celui Funchal dépendant du choix de l'amiral Portugais.

Doit-il aller à la rencontre des espagnols en quête d'une improbable gloire, et au risque de découvrir Funchal? ...

Ou doit-il demeurer à Funchal, au risque de voir les espagnols s'échapper par les Canaries...et de passer pour un poltron?

Du destin de la Urca de Lisboa, ou de celui de postérité de Ronaldo Luis Nazariode Lima, lequel va-t-il l'emporter dans la caboche du vieux capitaine en quête de gloire, mandaté pour une mission qui s'avère être sinon caduque, du moins au delà des priorités du moment?

Selon ses estimations, et selon toute vraisemblance, l'escadre espagnole devrait doubler le Cap Blanc avant la mi-mai, s'il elle ne s'y trouve pas déjà, faisant route sur Funchal...ou Las Palmas

***

Quelque peu emberlificoté par les contradictions de la situation, le vieux Nazario se résout finalement à entendre l'avis que son second, dit O gonorreio , aurait à donner sur le sujet...





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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

le Sam Oct 27 2018, 21:01
le « Bartalomeus Dias » qui avait permis à Mobaricao d’échapper au marché aux esclaves de Salé (il n’osait imaginer puisse devenir renégat mahométan !)

Ho ben ça alors c'est bien vrai ! Mobaricao ? Renégat ? Ha jamais, ça jamais ! Jamais, même pas un tout petit peu... Ou alors je me rappelle plus... Ou il sentait pas bon...

Le Batave ne se fit pas prier, et crucifix en main tenta d’exorciser les prisonniers, gène à l’appui...

Mobaricao, monstre sanguinaire de rep 6, protestant, tentant de faire renier leur dieu aux mahométans, pour le compte d'un souverain catholique... Je vous laisse imaginer la scène...



Le dernier françois, un dés rares à accompagner Mobariken depuis ses débuts, mérite d'être nommé...

Il semble que plus personne ne connaisse son nom... Si peu se souviennent du premier équipage qui accompagna Mobariken à ses débuts... On ne le connait que par son surnom, donné par le capitaine : Ken. Interrogé sur le pourquoi de ce surnom étrange, Mobariken répondit que Ken était un survivant... De l'enfer... Et que souvent, bien souvent... Il a croisé le fer...

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Re: Cabine du Capitaine Peter Mobariken dit "Le Vérolé"

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